Nulle part ailleurs !

Max regarde Rita dans les yeux. Elle est belle. Du plus loin qu’il se souvienne, il n’a jamais aimé une autre plus qu’elle. Il ne sait même pas pourquoi. Elle n’est pas forcément la plus belle, ni la plus compréhensive, ni la plus patiente, ni la plus riche… mais elle reste ELLE. Et ceci simplement fait toute la différence. Dans ses souvenirs, il se rappelle avoir toujours imaginé l’amour comme il est en train de le vivre avec elle. Son modèle de femme parfaite avait les mêmes défauts et surtout les mêmes qualités qu’elle. À tel point que cela l’inquiète ! Constater que la vie nous a offert exactement tout ce dont on rêvait peut parfois être louche. On se dit qu’il y a peut-être anguille sous roche.

Elle le fixe un long moment et lui sourit. Il est inquiet. Il sait qu’il ne devrait pas trop réfléchir et pourtant, il ne peut pas s’en empêcher : « Est-ce que je la comble !? » Max a un poids sur les épaules : son intelligence. Ce truc nécessaire et léger fort souvent, mais qui parfois… au moins de temps en temps, se transforme en fardeau. L’intelligence exige le doute et le doute peut être l’ennemi de la tranquillité.

« Oh, mon corps, fait de moi toujours un homme qui s’interroge !».

Max se souvient de cette assertion de Fanon. Il se dit qu’à pouvoir t’empêcher de vivre l’instant, le plus grand de tous les biens, l’intelligence est parfois chiante.

« … Toujours un homme qui s’interroge ! ».

« Ce que nous vivons est-il réel ? Ne me cache-t-elle pas un truc ? Je ne suis pas meilleur que ceux qui ont été royalement bluffés… C’est arrivé à tellement de gens avant moi, intelligent ou con ; ne suis-je pas en train de l’être en ce moment même ? Les gens qui ont été bluffés l’ont-ils ressenti à un moment de la durée ? Ne va-t-elle pas changer avec le temps ? Ne va-t-elle pas se lasser de moi ? »

Max réfléchit. Quelquefois, dans une histoire d’amour, nous devenons, sans qu’on ne comprenne comment ni quand, l’être qu’on craignait le plus : celui qui fait souffrir l’autre à lui déchirer l’âme. Nous, humains, sommes tellement compliqués qu’assez souvent, oser prétendre que l’on se comprend est une totale désillusion. Parfois, c’est nous qui changeons et l’autre ne nous suffit plus. Ou même plus : on peut toujours l’aimer et ne plus en être amoureux. Et, seulement s’avouer cela peut tellement nous faire de mal, que bon nombre d’entre nous choisissent de préférence l’option de se mentir ; rester avec l’autre par ce qu’elle nous garantit le confort tant souhaité.

« Je ne t’aime plus ! »

Seuls les braves osent prononcer ses mots. Ils peuvent tout autant signifier qu’on est soulagé, délivré d’un amour toxique ; ou qu’on aime toujours la personne, mais pas de la manière que cela devrait être et dans ces cas-là, ces mots peuvent faire énormément de mal aux gens qui les prononcent, contrairement à ce que peut penser bon nombre. S’avouer que tout l’amour que l’on ressentait pour cette personne n’est plus que souvenir, n’est pas aussi facile que l’on croit ! Dans ces cas-là, le dire à l’autre n’est pas un acte de trahison. C’est en restant que l’on trahit !

Max constate que malgré tout il y a encore pire : quand deux personnes toujours amoureuses, sont obligées de constater qu’elles ne sont pas faites pour vivre ensemble. Pour tellement de raison que le cœur ne connaît pas ! Souvent, seulement s’aimer ne suffit pas. Aimer suffit si les deux personnes s’aiment assez (dans le sens de s’aimer soi-même), ou si l’une d’entre elles peut aimer avec tellement de force qu’elle peut couvrir les vides et les manques pour deux.

« Qu’est-ce qui me dit que je ne rêve pas ? Qu’est-ce qui me dit que je ne suis pas un rêve ? La réalité, existe-t-elle ? »

Max rit de ses élucubrations.

 » Est-elle vraie ou a-t-elle simplement compris ce que j’attendais d’elle ? « 

– Chéri, pourquoi tu n’es pas focus sur moi ? crie Rita à tue-tête.

Max lève ses yeux.

« Ces mots, viennent-ils de ma tête ou est-ce bien réel ? M’a-t-elle vraiment parlé ? »
Max se rend compte de la stupidité de ses dernières pensées. L’intelligence et la sottise ne sont parfois séparées que par un simple fil.

Rita touche son visage tendrement avec les deux mains et insiste :

– Daddy, jusqu’où tu es ? Dit-elle d’une voix légèrement inquiète.

– Je suis là, ma, répond-il en l’embrassant tendrement sur la joue.

Elle lui caresse les deux oreilles. Cela lui procure un niveau de plaisir auquel il ne s’attendait pas. L’impression que son corps se soulage. Comme la mer qui repousse les déchets sur la rive.

– Reste avec moi, mon cœur… reste avec moi !

Max est loin dans ses pensées. Il se dit qu’avec l’amour, on ne sait jamais. L’amour est éternel, mais être amoureux, c’est l’instant. L’objectif de tous les gens amoureux est de transformer l’instant en éternité. Un sujet à part que ni les hommes, ni le monde, ni la mort, ni le temps, ni les prétendus dieux, ni même l’amour lui-même ne saurait expliquer. Max se dit que c’est cela, le secret : tout est dans l’instant. Vivre l’instant à fond peut enlever toute peur du lendemain. On est ensemble et c’est tout ce qui compte. Si danger il y a, on verra après !

Il la regarde tendrement. Elle en fait de même.

– Nulle part ailleurs ? Le questionne-t-il.

– Nulle part ailleurs, mon amour !

Ils s’étreignent. Un instant… une éternité ! Il l’embrasse fougueusement. Elle répond à son baiser avec longtemps plus de rage que lui. Ses lèvres lui disent que son corps a besoin de lui sans qu’aucun mot ne sort de sa bouche. Elle lui mord les lèvres tendrement.

– J’ai envie de toi, dit-elle doucement.

– Je sais, répond-il.

Elle quitte les lèvres pour embrasser les joues de son homme et ensuite, doucement elle descend sur son cou et lui caresse les côtes.

– Je t’aime, lui souffle-t-elle doucement dans les oreilles.

– Je t’aime certainement encore plus et tu le sais.

Les derniers mots de Max ne pouvaient mieux tomber. Madame ferme les yeux un instant, le temps qu’elle les rouvre, elle était déjà au-dessous de lui.

« … Et tu le sais ! » Ses mots retentissent dans sa tête.

– Et je sais ! répète-t-elle dans un souffle.

Elle ouvre ses yeux et tient Max au cou. Elle n’en peut plus, elle le veut. Elle prend sa main droite tendrement et la dirige vers sa bouche. Elle suce deux de ses doigts et les descend sous sa robe. Il se laisse faire et commence doucement à jouer avec l’instrument de son plaisir. Il insiste, de l’autre main descend sa culotte et continue d’utiliser ses deux doigts pour jouer avec son clitoris. Il trace d’abord une ligne horizontale et ensuite continue avec des mouvements circulaires. S’il a beaucoup de doutes concernant sa connaissance de l’amour, concernant le sexe, il en a beaucoup moins. Pour qu’il en ait eu, il aurait fallu que sa partenaire ne parle pas, ne bouge pas, ne respire pas… et Rita fait bien plus que tout ça !

– Continue mon amour, crie-t-elle, ne pouvant s’empêcher de bouger au rythme des mouvements circulaires des doigts de Max.

Il sourit, rentre un doigt, tout en caressant le corps de Rita avec la main gauche, en s’attardant sur les seins, qu’il mort doucement et suce directement après. Elle crie et étreint Max fermement.

– Continue ! Ordonne-t-elle.

Max ne se fait pas prier. Il l’embrasse au coup et tout en n’arrêtant pas de la doigter de la main droite, de la main gauche, il lui prend le cou fermement et lui impose son regard. Il la lèche tout d’abord les lèvres, mord ensuite sa lèvre inférieure et l’embrasse enfin. Elle ne peut s’empêcher de jouir. Max rentre un deuxième doigt. Rita soupire et le mord au cou.

– Daddy !

Max les rentre t o u t d o u c e m e n t. Rita est mouillée, il est tellement méticuleux, qu’il fait le travail avec soin, en cherchant précisément ce qu’il faut chercher : le renflement granuleux vers le haut. Il y va profondément, mais toujours doucement. Elle soupire et l’étreint. Elle ne se contrôle plus. Max lui exige de se coucher sur le divan avec sa main. Elle obéit. Max trouve ce qu’il cherche. Il le caresse tout d’abord doucement et ensuite accélère le mouvement. Pour venir imposer le chaos, il commence à lécher le clitoris de Rita comme un enfant gourmand léchant de la confiture sur ses doigts.

– Oui… Oui !!! Oui… Oui !!!

Une mélodie qui paraît sans fin retentit de la bouche de Rita. Tantôt, elle le dit en souriant, tantôt en pleurnichant, tantôt, elle exige sérieusement, tantôt le mot magique est prononcé avec force et joie… Et alors qu’elle étreint Max avec plus de force que toutes les fois d’avant, comme une tempête qui vient alors qu’on attendait qu’une simple pluie, elle commence à jouir dans sa bouche.

Pendant au moins trois dizaines de secondes…

Elle est gênée, mais elle ne peut se contrôler. Elle bouge dans tous les sens, Max content de récolter les fruits de son travail ne veut plus s’arrêter. Elle le bouscule sans faire exprès et se met debout. Le nectar des dieux continue malgré tout à couler sur ses jambes. Elle tremble, Max rit. Elle lui jette un regard digne de la foudre : indescriptible, tout aussi sévère que lumineuse. Elle reprend enfin ses moyens. Max lui lance d’un ton blagueur :

– Tu vois que comme un dieu, je peux faire en sorte qu’il pleuve à souhait !?

Elle sourit enfin, revient vers le divan et enlève le pantalon et le boxer de Max. Elle prend son pénis des deux mains, le suce légèrement et de sa langue, elle fait sept croix sur la pointe de son urètre, comme un appel à la Sainte. Tout doucement, elle s’assoit sur Max afin de jouir de chaque centimètre. D’une voix jouissive, elle crie :

– Marie, mère de Dieu, Erzulie, Simbie, priez pour moi, je vais continuer à pêcher pendant toute la nuit !

4 commentaires sur « Nulle part ailleurs ! »

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer